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10-2-2002 Les urgences mineures à l’hôpital. Le ministre Vandenbroucke et le prof Lheureux constatent un dysfonctionnement des urgences hospitalières, encombrées d’urgences mineures, qui s’adressent à l’hôpital plutôt qu’à leur médecin ou dentiste généraliste pour son tiers-payant et son payement différé des ticket modérateur et soins non-remboursés. Cet « envahissement » des urgences hospitalières est pour le ministre source de gaspi, et pour le prof, source de risque, en cas de « d’accident d’autocar sur le ring »… Une fois le constat posé, viennent les suggestions de solution. Le plus atroce serait évidemment de reproduire aux urgences hospitalières ce qui n’a pas marché aux urgences généralistes… Les urgences sont par définition hors planification, donc aussi hors planification budgétaire. Ainsi, prof Lheureux a fait ses angoisses un jour de fin de mois. De plus - en ce qui concerne les urgences mineures - la perception par la patient qu’il y a urgence ne sait se faire que lorsqu’il n’a pas l’esprit occupé par autre chose (travail – foot à la télé…) : c’est le phénomène neurologique des « portes », bien connu des fakirs et yogi, mieux connu sous son nom anglais « gates ». Enfin, la station couchée induit des pressions sanguines tout à fait différentes que la station debout, et cet « hémodynamisme » révèle lui aussi son lot d’urgence. Ajoutons qu’on peut peut-être les prévenir, par exemple en remboursant les extractions dentaires - les chicots sont la principale source d’urgence en dentisterie -, en autorisant la lecture des cartes SiS par les MG et DG – ce n’est plus que sur cette carte que sont repris les droit du patient au remboursement majoré et au tiers-payant, que les ayant droit ne peuvent donc plus prouver en dehors de l’hôpital et de la pharmacie. Nous pouvions lire la cartes magnétiques, pourquoi donc nous interdire la lecture des puces ? Attention à « l’arithmétique hollandaise » : supprimer le remboursement des extractions, interdire la lecture des cartes SiS, cela fait certes des petites économies, mais il est des économies qui coûtent cher… Ainsi, les urgences mineures, c’est toujours en dehors des heures de travail et de foot, et en général la nuit, quand bien même la pathologie originale se produit de façon tout à fait aléatoire au cours de la semaine (qui ne compte quand même que 38 h de travail sur 168, soit 23 %…) ; et en tout cas, les urgences mineures ne peuvent pas être reportée au lendemain (vu l’hémodynamisme). Pour prof Lheureux, « beaucoup de gens trouvent absurde de prendre congé et préfèrent venir ici après 20 heures ou le week-end »… Comme quoi on peut être expert en urgences et exécrable en comportementalisme et en bio-chronologie… Cela implique des honoraires doublés des suppléments de nuit ou de week-end : comme dit le ministre, 2000 fr, dont 600 de ticket modérateur, sans compter le bus, les soins non-remboursés, et le pharmacien, qui lui heureusement fait le tiers-payant, mais de nouveau, ticket modérateur plus médicaments non remboursés, comptez 600 autres francs… La loi prévoit le conventionnement obligatoire des praticiens lors des gardes. Ne devrait-elle pas aller au bout de la logique d’accès, et prévoir le tiers-payant et la générico-prescription obligatoire lors des gardes ? Le supplément de nuit et week-end, qui en gros double l’honoraire, a lui aussi son propre ticket modérateur. Est-ce bien judicieux ? Il faut savoir ce qu’on veut : organisons une garde
et puis les riches bien portant que nous sommes pourrons peut-être faire la leçon aux pauvres malades… |