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kinés : la tentation wyneniste ou bienvenue dans le club… "La médecine est issue d'une tradition d'entreprenariat qui refuse la notion de service public; elle s'organise en vue d'assurer aux médecin une rémunération élevée et non de structurer le système en fonction de rapport qualité-prix. "…« Le Monde diplomatique » (Manière de voir n'16)la tentation wyneniste Les patients des kinés conventionnés sont remboursés à 60 % ; ceux des kinés non-conventionnés ne le sont qu’à 40% . Sans convention, l’INAMI ne sait plus repérer qui est conventionné, qui ne l’est pas , et doit alors rembourser tout le monde à 60 %… A la grosse louche, 25 % de non-conventionnés à qui il faut payer 50% en plus, sur un budget de 16 milliards, ça fait 1,450 milliard … Quand en septembre, les kiné annoncent qu’ils n’y aura pas de convention en janvier, ils augmentent leur budget d’un petit 10 %... Faut plus venir dire qu’ils respectent leur enveloppe, ni s’étonner que le ministre décide le mois suivant de … 10 % d ‘économies en kinésithérapie… Vu l’échec de la convention collective, le ministre a proposé une convention particulière à chacun des kinés ; pour qu’il y ait convention, il fallait 60 % d’accords par canton. Il y en aura moins de 50 %… L’inami ne pourra toujours pas repérer les conventionnés des déconventionnés, et devra donc rembourser tout le monde à 60 % … Les déconventionnés de 2001 verront donc leurs patients remboursés 20% en plus en 2002 ; il est clair qu’ils augmenteront leurs honoraires d’autant…C’était le but de l’opération ; c’est le « Wynenisme »… Les petits nouveaux de la kiné non-conventionnée auront autrement difficile d’augmenter leurs honoraires… Ils voudront, comme les « pros », augmenter leurs honoraires de 20 %, mais leurs patients, qui, eux, ne verront pas leur remboursement augmenter, changeront de kiné… Les petits nouveaux déconventionnés, trahis et manipulés par leurs « bonzes », n’en sont que les porteurs d’eau… Deux ans de ce régime, et la profession aura perdu 25 % de son man-power… Quant à la perception obligatoire du ticket modérateur…c’est Giscard qui ignore le prix du ticket de métro ! Si on a besoin de kiné, c’est qu’on est moins mobile, ce qui implique qu’on a froid, qu’on doit chauffer plus, dont coût 10 000 fr par hivers… ce qui implique qu’on doit faire appel à une aide-ménagère, dont coût… de l’aide pour les déplacement, dont coût… Faudrait maintenant qu’on doive se déconventionner pour offrir des soins abordables (le tarif n’étant que convention, déconventionné, on peut demander plus…ou moins !)… C’est toujours pénible, les riches bien portant qui font la leçon aux pauvres malades, qui ne font bien évidemment jamais qu’abuser sans « ticket modérateur » ! bienvenue dans le club Revenons au remboursement : en ingénierie médico-sociale, il y a consensus : sans remboursement différentiel entre conventionné et non-conventionné, il y a structurellement médecine à 2 vitesses. Les médecins et dentistes non-conventionnés belges étaient jusqu’au 1° janvier les seuls prestataires au monde qui sont remboursés du même montant que leurs confrères conventionnés, et ce, suite à leur « putsch » de 1963. Le législateur –unanime : l’ingénierie, n’a rien à voir avec le débat gauche-droite…- avait prévu un remboursement à 56 % au lieu de 75 % pour les médecins et dentistes non-conventionnés. Ce 1° janvier, les kinés belges sont entrés dans le « club » des « Wynenistes ». Bienvenue dans le club…
Qu’est-ce que cela implique ? Si le patient aisé est remboursé à 75 %, il accepte facilement de payer 120 %… Les 20 % de bonus, c’est « en noir », et comme il n’y a pas plus de frais hors convention que en convention, cela triple le revenu du praticien… En pratique, selon le quartier ou s’installe le professionnel, il peut gagner du simple au triple : dans un quartier humble (pour lequel l’INAMI a été créé…) on est amené à laisser tomber 20 % des ses honoraires vu les non- ou mal-remboursements, dans un quartier chic, on peut au contraire réclamer 20 % en plus, en noir. comme les frais sont identiques quelque soit la pratique - ± 50 % - les revenus varient donc de 30 à 70 %, dont 20% « bonifiés » fiscalement, soit de 30 à 90%, soit du simple au triple…Les praticiens se concentrent dans les quartiers aisés où ils peuvent réclamer leur « bonus en noir», et y hurlent à la pléthore…(voir ma « carte blanche » du 23.11.200) Pour justifier leurs suppléments, les déconventionnés font du « concordisme », du nom du supersonique Franco-Britannique…Mais quel est donc l’intérêt d’arriver 3 heures plutôt ?… Ce qu’il faut, ce sont des « Jumbo-jet », où il y a place pour tout le monde. Pour cacher leur « noir », les confrères déconventionnés doivent faire correspondre leurs frais à leurs revenus déclarés. En pratique, ils vont réemployer leurs outils à usage unique : l’occultation des revenus noirs est la 1° cause d’erreurs et de fautes médicales … On imagine pas ce que les contrôleurs de contributions font pour la santé publique ! La moindre fraude fiscale devrait signifier la radiation à vie de l’Ordre ! Outre l’aspect santé publique, le ministre tient là un gisement de 11 milliards d’économie : 189 milliards d’honoraires médicaux et dentaires x 30 % de déconventionnés à 56% de remboursement au lieu de 75%… |